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La Convention sur la Lutte contre la Désertification (CLD)

La question de la lutte contre la désertification à été inscrite à la demande des pays affectés, à l'ordre du jour de la CNUED à Rio en 1992.

Problématiques et enjeux :

Contrairement à une acceptation encore courante, la CLD ne se limite pas à la seule problématique de l'avancée du désert, qui ne concerne qu'un nombre limité de pays, mais à pour objectif de lutter contre l'érosion des sols (la "désertification") dans les pays gravement touchés. Le phénomène est défini comme la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches par suite de divers facteurs parmis lesquels les variations climatiques mais surtout les activités humaines, en particulier celles résultant d'une surexploitation du sol résultant de la pauvreté. Elle est donc porteuse d'une dimension "développement / lutte contre la pauvreté" que l'on ne rencontre pas dans d'autres conventions.(...)

La dimension "environnementale" n'est cependant pas absente dans la mesure où les conséquences environnementales et économiques de la dégradation des terres ne se limitent pas aux pays qui en sont les victimes. Les effets du point de vue de l'appauvrissement de la biodiversité, de la réduction de la fixation de carbone et de la pollution des eaux internationales peuvent être en effet considérables, ce qui justifie et renforce la dimension internationale de la Convention. Elle met aussi l'accent sur les liens entre le phénomène et les moyens de lutte contre la Désertification et les problématiques traitées dans le cadre des Conventions sur la Biodiversité et Climat, et recommande de travailler sur les synergies susceptibles d'être dégagées entre ces Conventions. A ce jour, ce volet reste encore à explorer.

Démarches et acteurs :

La Convention vise à garantir un engagement à long terme des Parties par un document juridique (faiblement) contraignant. Elle comporte un texte principal et 4 annexes relatives à la mise en oeuvre au niveau régional pour l'Afrique (Annexe 1), l'Amérique Latine et les Caraïbes (Annexe 2), l'Asie (Annexe 3) et la Méditerranée septentrionales (Annexe 4). La troisième (Récife en 1999) et quatrième conférence des Parties (Bonn en 2000) ont validé le processus de création d'une Annexe et d'adhésion à la Convention des pays de l'Europe Centrale et de l'Est qui se considèrent touchés. La Convention reconnaît néanmoins le caractère prioritaire des pays africains touchés.

Compte tenu de la complexité du phénomène "désertification", en particulier sous l'effet de la pression des activités humaines (dimension socio-économiques du phénomène), et de la diversité des moyens de lutte, la CLD a institué à cet effet un Comité des Sciences et de la Technologie (CST) afin d'encourager les chercheurs à unir leurs compétences. Formé de représentants des gouvernements, le CST se réunit une fois par an pour fournir à la Conférence des Parties avis sur les questions scientifiques et technologiques. En tant qu'organe subsidiaire de la CLD, son budget est inclu dans le budget de fonctionnement du Secrétariat Exécutif et géré par ce dernier.

La Convention préconisant de lutter contre la Désertification une approche plus globale de la lutte contre la désertification à travers les projets de développement qui sont soumis aux bailleurs de fonds multi ou bilatéraux, ou au FEM à travers les projets relavant de la Convention Biodiversité ou Climat, elle ne prévoit pas de nouveaux guichet de financement. Consciente que le problème des pays touchés est plus axé sur les difficultés d'accès aux financements existants, en particuilier pour la société civile, elle a prévu un organe subsidiaire de facilitation appelé Mécanisme Mondial (Global Mechanism), instrument ayant vocation à accroître l'efficacité et l'efficience des mécanismes financiers , en particulier afin de coordonner les efforts des donateurs. Son budget est identifié au sein du budget de fonctionnement de Secrétariat Exécutif. Après un certains retard, les activités du MM ont commencé à être visibles dans un certains nombres de pays pilotes dès 2000.

La Convention demande aux pays touché d'élaborer des Plans d'Action Nationaux (PAN) qui doivent dresser un état des lieux et suggérer une stratégie de lutte (étapes et mesures à prendre en fonction de chaque spécificité des écosystèmes). Ces Plans devaient êtres élaborés selon une approche participative, impliquant l'état, les collectivités locales et les exploitants des terres de la conception à l'éxécution des programmes, fonction du lien entre désertification et pauvreté. La Convention a aussi prévu cet exercice dans le cadre régional sous la forme de Programmes d'Action Sous Régionaux (PASR) et Régionaux pour l'ensemble des Annexes.(...)

La Convention met enfin l'accent sur la nécéssité de la pleine participation de la Société Civile (populations locales, ONG...) et la nécéssité d'un renforcement des capacités locales et nationales (formation, recherche-développement, vulgarisation, éducation et sensibilisation)."

Source : Désertification et Société Civile : petit manuel de sensibilisation à l'usage des ONG, édité par le Centre d'Actions et de Réalisations Internationales (CARI) et le Centre de Recherche et d'Information pour le Développement (CRID), octobre 2001.

Lire le texte de la Convention sur la Lutte contre la Désertification

 

 

 

 

 

 

 

 
   
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